J’ap­proche du palais d’Eg­mond, entre le palais de justice et le palais royal. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai eu le privi­lège d’être invité dans ce lieu fréquenté par Voltaire et Rous­seau. La Belgique y préside la 60e année de la Conven­tion cultu­relle euro­péenne. Après la halte sécu­rité, le temps qu’un ministre débarque de sa voiture, me voici décou­vrant les entrailles de l’édi­fice. Sous la somp­tueuse salle de confé­rence de 400 places se cachent trois étages sous terre. C’est parti! Des élites poli­tiques Euro­péennes arrosent ce bel espace de discours trois heures durant, presque sans discon­ti­nuer. Et bien non, ce n’était pas « chiant ». C’était même plutôt inspi­rant. Voici quelques extraits:

Après la guerre … la diver­sité.

A. Nous ne pouvons pas igno­rer que la diver­sité ethnique crois­sante de nos pays engendre un profond malaise au sein de l’Union. C’est une « social time bomb ».

 

Jorge Sampaio – ancien Président de la Répu­blique portu­gaise (1996-2006).

B. Il n’y aura pas de paci­fi­ca­tion entre les nations si le respect des autres n’est pas inté­gré dans les écoles.

Dr Jan de Groof (Collège de l’Eu­rope).

C. La culture est une arme à double tran­chant. Renfor­cer la culture iden­ti­taire rendra les rela­tions inter­cul­tu­relles plus diffi­ciles à gérer.

Extrait d’une ques­tion du public.

 

Après la guerre … l’in­té­gra­tion.

D. Nous étions si diffé­rents en 1944. Peu de gens savaient parler une langue étran­gère. Cela a complè­te­ment changé, les Euro­péens commu­niquent faci­le­ment entre eux grâce à une seconde et troi­sième langue apprise à l’école. C’est une grande avan­cée. En 2014, nos jeunes univer­si­taires peuvent faci­le­ment faire une partie de leur cursus dans un autre pays de l’Union. Nous avons radi­ca­le­ment changé.

Gabriella Battaini-Dragoni – Secré­taire Géné­rale Adjointe du Conseil de l’Eu­rope.

école pacificatrice 2

Mais où sont les prochaines trentes glorieuses?

E. Malgré la guerre à nos portes, nous sommes trop blasés par 60 ans de paix pour croire au rêve euro­péen.

Jorge Sampaio – ancien Président de la Répu­blique portu­gaise (1996-2006).

F. L’as­cen­seur social ne monte plus, il descend.

Gabriella Battaini-Dragoni – Secré­taire Géné­rale Adjointe du Conseil de l’Eu­rope.

G. Nous avons besoin d’une géné­ra­tion d’eu­ro­péens bâtis­seurs, comme après la seconde guerre mondiale.

Un repré­sen­tant de la Commis­sion euro­péenne.

H. Qu’est-ce qui fait de nous des euro­péens et pas juste des occi­den­taux? Nous sommes « self-made », ce qui requiert une bonne dose d’édu­ca­tion!

Jorge Sampaio – ancien Président de la Répu­blique portu­gaise (1996-2006).

I. Démo­gra­phie, mondia­li­sa­tion et tech­no­lo­gie nous obligent à régler nos problèmes dans le monde et pas seule­ment entre nous. Nos jeunes, qui sont bien mieux nés que dans d’autres parties du monde, ont le senti­ment que l’ave­nir est noir. C’est le cas lorsqu’on perd une posi­tion de privi­lège. Les trente glorieuses étaient basées sur une circons­tance histo­rique qui ne vont plus jamais reve­nir. Il faut apprendre à vivre avec un déclin sans sombrer dans un monde dépri­mant. Cela passe par l’édu­ca­tion et la culture.

 

 

 

Xavier Prats Monné – Direc­teur Géné­ral de l’Edu­ca­tion et de la Culture, Commis­sion euro­péenne.

 

Econo­mie ou … éman­ci­pa­tion?

J. Les jeunes s’en­gagent moins dans le système poli­tique et plus qu’a­vant en dehors, dans la rue, parce que nous sommes déçus.

K. Nous devons être honnêtes. Toutes nos entre­prises n’ont pas besoin d’in­di­vi­dus émen­ci­pés. Il faut trou­ver une balance entre des inté­rêts conflic­tuels.

 

Elisa­beth Gehrke – Prési­dente de l’Union euro­péenne des étudiants.

L. L’édu­ca­tion à travers la culture est un moyen de consi­dé­rer l’éco­no­mie non pas comme pesante, mais pensante.

M. Les déci­sions cultu­relles ont des effets plus lents, mais plus profonds. Plus un pays à des problèmes écono­miques, plus la tâche du ministre de la culture est lourde. C’est grâce aux ressources cachées de la culture que nous avons pu survivre à la dicta­ture. Quit­ter le modèle ou l’Etat pensait à tout pour un modèle où les indi­vi­dus doivent se prendre en main n’est pas facile.

 

 

Mirela Kumbaro Furxhi, Ministre de la Culture de l’Al­ba­nie.

 

Tout rappro­che­ment de ces derniers propos avec la Wallo­nie est inter­dit.
Laquelle de ces cita­tions est votre préfé­rée ?